Le Kaizen management au secours des entreprises Algériennes

Une journée d’étude sur la méthode de management japonaise « Kaizen management » des entreprises a été organisée, hier, à l’hôtel El Aurassi, à Alger, en présence d’acteurs économiques, notamment les chefs d’entreprise, les étudiants des business schools, des représentants d’administrations et institutions publiques. S’inscrivant dans le cadre de la coopération entre les entreprises algériennes et japonaises, sous la houlette du Forum des chefs d’entreprise, cette journée d’étude a été animée par l’éminent expert et professeur japonais, M. Seiichi Fujita. En effet, si la réduction des coûts dans une entreprise est le plus souvent perçue négativement, surtout quand il s’agit de la réduction d’effectifs et de licenciements, de baisse de la qualité, de régressions technologiques, de pression sur les fournisseurs, de baisse de performances, elle est également une démarche de progrès, très pragmatique, qui peut s’appliquer sans faire recours à ces procédés négatifs. Pour ce faire, les Japonais ont développé une méthode intitulée le « Kaizen management ». Il s’agit de la fusion des deux mots japonais kai et zen qui signifient respectivement « changement » et « bon ». La traduction française courante est « amélioration continue  » et par extension, cela signifierait « analyser pour rendre meilleur ». Selon M Fujita, qui est professeur à l’Université de Waseda, au Japon, et auteur de plusieurs publications sur le management des entreprises, la méthode Kaizen est un ensemble d’actions correctives constantes afin de faire mieux. « La méthode Kaizen est l’amélioration constante des solutions apportées aux problèmes identifiés », a indiqué M Fujita. Selon l’expert, qui a multiplié les exemples afin de mieux cerner la méthode, Kaizen se base sur l’initiative et le potentiel humain, avant de recourir aux moyens financiers pour résoudre les problèmes de l’entreprise. Elle permet ainsi de développer la compétitivité de l’entreprise par la réduction des coûts, explique-t-il. Cette démarche, en effet, repose sur des petites améliorations faites au quotidien et d’une manière constante. « C’est une démarche graduelle, qui s’oppose au concept occidental de réforme globale ou de l’innovation, qui est souvent le résultat d’un processus de réingénierie », a-t-il expliqué. Donc, contrairement à l’innovation, le Kaizen ne demande pas beaucoup d’investissements financiers, mais une forte motivation de la part de tous les employés. En outre, le Kaizen tend à inciter chaque travailleur à réfléchir sur son lieu de travail et à proposer des améliorations. En conséquence, le Kaizen est plus qu’une technique de management, il est une philosophie, une mentalité devant être déployée à tous les niveaux de l’entreprise. Selon M. Fujita, « la méthode Kaizen peut être facilement appliquée en Algérie et donner de bons résultats. Mais, si on devait comparer les compagnies japonaises et les compagnies algériennes, on constatera que les directions générales sont les mêmes. La seule différence qu’existe relève de la base de la pyramide. Les travailleurs japonais fonctionnent comme un ordinateur. Ils essayent tout d’abord d’identifier le problème, ensuite utiliser la méthode Kaizen afin de trouver la meilleure solution », a-t-il ajouté. Aujourd’hui, nul ne peut nier qu’en ces temps de crise économique mondiale, l’optimisation des coûts, notamment à travers l’application de la méthode Kaizen, non seulement améliore directement la performance opérationnelle de l’entreprise, mais elle lui permet aussi de transformer la crise en une opportunité de se repositionner.
Hamid Mohandi
lemaghrebdz.com